Historique et pertinence de notre groupe

Cette page présente les origines et les modalités de fonctionnement de notre groupe ainsi que les résultats d’une enquête sociale récente réalisée au Québec qui établit sa pertinence.


Depuis le printemps 2024, les Ainés Gais de la Capitale organisent des activités communautaires dans la région de Québec. Ces dernières visent à briser l’isolement des gais de 50 ans et plus dans la région de Québec et les environs (Mauricie, Charlevoix, Rive sud de Québec etc.). Plusieurs activités apportent du soutien social aux personnes moins favorisées, tout en offrant la possibilité d’élargir son cercle d’amis.

Le groupe a été constitué au départ par un brunch mensuel organisé par Maurice Migneault et Patrick Dessureault. Celui-ci a été complété par d’autres activités communautaires régulières sous l’égide de Patrick Dessureault. Les activités réalisées à ce jour concernent : 

  • un brunch (1er dimanche du mois à 10 heures)
  • des séances de cinéma aux deux semaines (ciné samedi)
  • la mise en place d’un atelier d’écriture
  • la mise en place d’un groupe de discussion (parler pour parler)
  • la constitution d’un club de lecture (rencontre mensuelle)
  • des séances de jeu de société (mercredi)
  • des sorties organisées dans divers sites d’intérêt de la région de Québec
  • des séances de marche à Québec et dans les environs
  • la préparation de repas sur une base communautaire (cuisine collective)
  • un groupe de quilles (chaque vendredi)
  • un 5 à 7 (une fois par mois, le samedi)
  • des conférences sur divers sujets
  • des visites organisées de sites emblématiques de la région de Québec

Certaines activités sont à participation libre . D’autres nécessitent des réservations, par exemple, le brunch mensuel où la réservation doit être annoncée le vendredi précédent à l’adresse de courriel agcquebec@gmail.com et la cuisine collective à agcquebec@gmail.com. Toutes les activités ont lieu dans des lieux facilement accessibles en transport collectif et avec des espaces de stationnement. Un mécanisme de covoiturage existe pour les déplacements hors de la ville. 

Cette organisation, coordonnée par Patrick Dessureault, offre aux gais ainés de la région de Québec une diversité d’activités comparable à ce qui existe en région métropolitaine avec un coût le plus faible possible pour les participants. Jusqu’ici (octobre 2025), nos activités ont attiré plus de 150 participants et notre groupe compte 330 membres. Une activité préexistante (depuis plus de 5 ans), les quilles, a rejoint notre offre grâce à la collaboration de René Paquet.

Durant cette première année, la publicité a reposé surtout sur le bouche-à-oreille . Après plus d’un an d’existence, nous désirons élargir le bassin de participants grâce à une publicité élargie.  Ainsi, nous invitons les gais de 50 ans et plus de la région de Québec et des régions voisines à participer aux activités du groupe sur une base régulière. De même, nous invitons cordialement les visiteurs des autres régions à nous joindre lorsqu’ils séjournent à Québec.

Le groupe est devenu un organisme à but non lucratif en novembre 2025.

À la recherche de bénévoles


Cette section et les deux suivantes présentent une synthèse de quelques résultats de l’enquête SAVIE-LGBTQ (2019-2020) réalisée par la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres (UQAM). L’enquête porte sur les facteurs d’inclusion et d’exclusion sociale des membres de la communauté LGBTQ+. Elle présente les résultats de 4980 répondant(e)s de 18 ans et plus habitant la Province de Québec. L’étude a été dirigée par les professeur(e)s Line Chamberland et Martin Blais. Elle a été financée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines (CRSH) du Canada. Les graphiques et les interprétations présentés dans les sections qui suivent ont été réalisés par le professeur Marius Thériault, Ph.D..


Les hommes de 50 ans et plus perçoivent un climat très acceptant dans les services de santé et ont un meilleur accès à un médecin de famille que les jeunes gais. On note une augmentation du sentiment d’être bien accueilli par les soins de santé de 18 à 64 ans, puis une baisse notable après 65 ans. L’augmentation de l’accès à un médecin de famille avec le vieillissement est corrélée avec une plus grande prévalence des problèmes de santé.


Les générations successives de gais ont été confrontées à un soutien social très différencié au sein de leur famille d’origine. Les générations plus âgées ont dû composer avec une acceptation nettement moindre de leur orientation sexuelle. Ainsi, le soutien des membres de la famille d’origine chute en dessous de 50% pour les gais âgés de 55 ans et plus.

De plus, l’acceptation de l’orientation sexuelle par les parents est nettement inférieure à celle des autres membres de la famille et chute à moins de 40% chez les personnes âgées de 55 ans et plus (moins de 25% chez les 65 ans et plus), ce qui génère un lourd déficit de soutien social dans le milieu d’origine.

Ceci reflète un fort contrôle social, notamment chez les ainés qui ont parfois retardé leur sortie du placard, ont fondé des familles hétérosexuelles et ont eu des enfants. C’est le cas pour plus de 25% des gais âgés de 55 ans et plus au moment de l’enquête.


La formation de relation intime (de couple ou autre) augmente de 18 à 44 ans, puis diminue rapidement chez les plus de 45 ans. La forte diminution de la vie de couple avec le vieillissement entraîne un hausse de l’isolement par suite du décès ou du départ du conjoint et la difficulté (ou baisse de volonté) de former une nouvelle relation intime.

Certains optent plutôt pour l’appartenance à une famille choisie. La « Famille choisie », est un terme utilisé pour décrire un groupe d’ami(e)s au sein duquel on s’entraide, on se chamaille, on se réconcilie, et on célèbre. Ces amis proches vivent ensemble ou débarquent à l’improviste chez les autres et fêtent les événements importants de la vie en groupe.

Ils sont généralement liés par des affinités de valeurs, de goûts et de contraintes qui créent un soutien social hors du cadre familial conventionnel. Des regroupements de gais ainés comme le nôtre offrent une occasion idéale pour former des familles choisies pour le bénéfice des personnes ainées isolées qui ont vécu un contrôle social excessif.

Ce contrôle social peut également se manifester dans d’autres sphères de la vie courante, par exemple au travail. Il peut s’agir d’un refus d’embauche, d’une rétrogradation, d’un congédiement injuste ou de toute autre marque de réprobation ou de discrimination. Plus de 50% des gais âgés de 25 ans et plus rapportent avoir été victime de tels obstacles au cours de leur vie professionnelle. Voilà probablement le motif qui a incité de nombreux gais à cacher leur orientation sexuelle dans des milieux de travail dont ils percevaient l’hostilité ou le manque de bienveillance.


Cette section dresse un portrait des différences de perception des personnes LGBTQ+ entre les régions administratives du Québec. Pour les besoins de cette analyse, seules les régions présentant une fiabilité acceptable des résultats sont considérées dans les graphiques et dans les commentaires.


Les deux graphiques qui suivent présentent des informations sur le sentiment d’appartenance des répondants de 50 ans et plus face à la communauté LGBTQ+. À l’échelle du Québec, une proportion de 45% des personnes considère que les communautées LGBTQ+ sont acceptantes des personnes ainées, ce qui laisse un déficit de 55% qui pensent le contraire. Cette proportion traduit un fort sentiment d’exclusion qui atteint une proportion de 60% dans la région de la Capitale Nationale. Le second graphique renforce ce constat, car près de 40% des ainés se sentent invisibles dans les communautés LGBTQ+. Les organismes LGBTQ+ sont donc plutôt inefficaces pour répondre aux besoins spécifiques des aînés.


Le graphique qui suit illustre la perception des ainé(e)s en ce qui concerne la connexion avec des personnes de leur âge. On observement que seulement 63% se sentent bien connectées à l’échelle provinciale et dans les régions de Montréal et de la Capitale Nationale. Ces faibles valeurs montrent bien le besoin tangible d’améliorer les relations entre les ainés LGBTQ+. C’est ce que fait notre groupe en ciblant une partie des ainés qui se sentent isolées mais présentent de fortes affinités en termes d’histoire de vie et d’intérêts.


Le graphique suivant dresse un portait des actifs (épargne, immeubles, investissement, etc.) possédés par les ainé(e)s de la communauté LGBTQ+. On observe des disparités importantes entre les régions, une moyenne provinciale de 83%, mais surtout que le centre des régions métropolitaines (Montréal et Québec) sont désavantagées par rapport aux régions périphériques. Ainsi, à l’échelle provinciale, ce sont près de 20% des ainé(e)s LGBTQ+ qui ne disposent pas de fonds propres pour soutenir leur retraite.

Dans la couronne de Montréal, les secteurs de Laval, Lanaudière, la Montérégie et des Laurentides sont avantagés par rapport à l’Île de Montréal (coeur de l’agglomération). Cette variation de pauvreté entre le centre et la périphérie existe probablement à plus petite échelle dans la région de Québec qui présente un portrait similaire à l’Île de Montréal.

On peut conclure que la défavorisation matérielle dans la région de Québec est similaire à celle du coeur de la métropole, d’où la pertinence de renforcer les liens sociaux des ainé(e)s de Québec avec des organismes similaires à ceux de Montréal.


Le graphique qui suit illustre une perception plutôt critique de la qualité des services de santé (hôpitaux et CHSLD) à l’échelle provinciale. Les perceptions négatives et positives sont pratiquement équivalentes. Seules les régions de la Mauricie Centre-du-Québec et de Lanaudière atteingent des taux de satisfaction de 60% et plus. La région de la Capitale Nationale est en position intermédiaire. Il y a place à amélioration dans la disponibilité des soins de santé pour les ainé(e)s.


La première question porte sur l’inconfort. Plus de 45% des répondants manifeste son inconfort à l’idée de quitter son domicile privé pour emménager dans une résidence pour ainé(e)s. L’inconfort est particulièrement sensible dans les régions métropolitaines (Québec et Montréal).

La seconde question est plus spécifique et concerne la volonté d’éviter l’emménagement dans une résidence pour ainé(e)s. Près de 80% des ainé(e)s LGBTQ+ veulent éviter cette option. Dans la région de la Capitale Nationale, la proportion atteint 85%.


Le tiers des répondants craint de devoir retourner dans le placard lors de leur transfert vers une mainson de retraite. On note peu de variation entre les régions; ce sentiment est généralisé à l’échelle provinciale et augmente avec l’âge.

Près de 18% des personnes interrogées se sentent même à risque de maltraitance. La proportion atteint 21% dans la région de la Capitale Nationale.

Le premier de ces facteurs (retour dans le placard) est évidemment spécifique aux minorités sexuelles, le second (maltraitance), bien que présent dans le reste de la population, est vraisemblablement exacerbé par la crainte de dévoiler ses préférences sexuelles.


Cette troisième section s’intéresse plus spécifiquement aux conditions de vie des gais et lesbiennes. Le regroupement des deux catégories est dicté par la volonté d’obtenir des statistiques fiables par groupe d’âge.


Un très faible pourcentage (de 1 à 3%) des répondant(e)s déclarent n’avoir aucun ami(e) proche. Pour tous les groupes d’âge, la classe de 1 à 5 ami(e)s domine la distribution. Une seule exception apparaît chez les plus de 65 ans qui rapportent un réseau d’amitié plus large (6 ami(e)s et plus) dans une proportion équivalente. L’âge de la retraite serait-il propice à l’émergence de nouvelles amitiés pour compenser les relations nouées durant la carrière professionnelle ?

Les sections précédentes ont introduit le concept de famille choisie et noté la forte croissance de sa prévalence après 50 ans (plus de 40% des répondants). Les deux graphiques qui suivent illustrent quelques conséquences de cette relation sociale privilégiée lors de la nomination d’un exécuteur testamentaire et d’un responsable du mandat d’inaptitude.

Chacune des figures qui suivent présente trois statistiques pour chaque groupe d’âge; il s’agit de la limite inférieure de l’intervalle de confiance, de la moyenne des réponses et de la limite supérieure de l’intervalle de confiance. L’interprétation est simple : 13% des répondant(e)s de 18 à 24 ans ont opté pour un ami(e) proche comme exécuteur testamentaire. Toutefois, ces statistiques sont obtenues avec un échantillon aléatoire parmi la population des gais et des lesbiennes du Québec, ce qui affecte la précision des évaluations en fonction du nombre effectif de répondant(e)s dans chaque classe d’âge.

Des méthodes de statistique permettent d’estimer l’intervalle de confiance autour de la moyenne en fonction des valeurs inférieures et supérieures pour ce groupe. Ainsi, les gais et lesbiennes de 18 à 24 ans rapportent une moyenne de 13%, mais la valeur probable varie de 9 à 17%. Ces limites servent à mesurer la signification des différences entre les classes d’âge.

Par exemple, la distribution statistique des 25 à 34 ans diffère peu de celle des 18 à 24 ans; les intervalles de confiance se recoupent. Toutefois, la distribution des 45 à 54 ans est significativement différente de celles des 18 à 44 ans, car son intervalle de confiance ne recoupe aucune des trois classes d’âge précédentes. On peut donc conclure que la différence est réelle et ne provient vraisemblement pas d’un biais de l’échantillon. De la même manière, on conclue que la différence entre les 35 à 44 ans et les 18 à 24 ans est significative (réelle). La même conclusion s’applique aux plus de 55 ans versus les 18 à 34 ans.

Il y a donc des différences significatives entre les classes d’âge lors du choix d’un exécuteur testamentaire. La probabilité de choisir un(e) ami(e) proche comme exécuteur testamentaire augmente avec l’âge jusquà 45 ans, puis demeure relativement constante par la suite. On constate un clivage de génération.

Le choix d’un(e) responsable du mandat d’inaptitude présente le même patron que celui de l’exécuteur testamentaire, mais avec des différences entre les groupes d’âge légèrement plus marquées. La probabilité de choisir un(e) ami(e) proche augmente avec l’âge jusqu’à 54 ans, puis baisse légèrement pour les personnes plus âgées, tout en demeurant significativement plus forte que chez les moins de 44 ans. La famille choisie devient donc particulièrement importante chez les ainé(e)s de 50 ans et plus.


La figure suivante illustre la proportion de personnes dont la famille est au courant de l’orientation sexuelle. Cette proportion augmente significativement de 18 à 44 ans pour chuter presqu’aussi drastiquement après la cinquantaine. Ces tendances reflètent une révélation graduelle de l’orientation sexuelle jusqu’à 50 ans et une grande discrétion chez les générations précédentes (50 ans et plus).

La lecture de la figure suivante semble présenter une diminution significative des conflits familiaux chez les ainés. Toutefois, il faut lire ces statistiques en conjonction avec la figure précédente. La baisse de conflits familiaux chez les ainés est simplement due à une moindre connaissance de l’orientation sexuelle. Les questions de l’enquête doivent être interprétées en fonction des autres.

À l’inverse des conflits familiaux, certains parents ont une attitude plus positives et accordent un soutien social à leurs enfants homosexuels. La figure suivante montre un soutien social des parents légèrement plus bas chez les 18 à 24 ans. Mais encore là, il faut interpréter cette statistique en relation avec la moindre connaissance de l’orientation. Néanmoins, on note une baisse significative du soutien familial au delà de 50 ans. Chez les 65 ans et plus, le taux moyen de soutien social des parents (24%) doit être comparé avec un taux de conflit de 40%, soit presque le double !

Le soutien social des autres membres de la famille est significativement plus élevé que celui des parents jusqu’à 44 ans. La limite de confiance inférieure du soutien de la famille est plus élevée que la limite de confiance supérieure des parents. La différence s’amenuise après 45 ans, peut être en relation avec le décès des parents ? L’absence de statistique à partir de 65 ans semble traduire cet effet.


La figure suivante présente la proportion de gais et lesbiennes qui se sont abstenus de gestes ou comportements pouvant révéler leur orientation sexuelle au travail durant les 12 mois précédant l’enquête. Encore une fois, l’absence du groupe d’âge de 65 ans et plus manifeste une moindre présence sur le marché de l’emploi.

On observe des statistiques pratiquement équivalentes pour tous les groupes d’âge, soit environ 30%. Ainsi, la discrétion sur le lieu du travail est plus reliée au type et au lieu d’emploi qu’à un comportement lié aux générations. Malgré les efforts d’information pour réduire les préjugés, près du tiers des emplois sont encore réfractaires à la révélation du statut, que ce soit pour des raisons liées au manque de réceptivité du milieu de travail ou aux craintes des employés.


La recherche de partenaires romantiques s’avère ardue quelque soit l’âge des personnes. Plus que 45% des répondant(e)s éprouvent des difficultés à trouver l’âme soeur. La difficulté semble plus aigue chez les moins de 30 ans. S’agit-il d’un effet des applications de rencontre ? Les personnes de 35 à 54 ans correspondent à la moyenne générale alors que la recherche de partenaire devient plus difficile au-delà de 60 ans.

La difficulté de rencontrer un partenaire intime chez les ainés renforce encore l’importance de la famille choisie et de la constitution d’un réseau d’amitié bien développé pour contrer l’isolement.


Une question de l’enquête mesure, de manière indirecte, le sentiment de sécurité vécu par les gais et lesbiennes en public, dans la vie quotidienne. Il s’agit de la propension à tenir la main de leur partenaire de même genre dans les lieux publics. Un geste anodin pour les hétérosexuels, beaucoup moins pour les membres des communautés LGBTQ+.

Les jeunes (moins de 34 ans) sont plus sécures en public (plus de 75%), les personnes de 35 à 54 ans se sentent moins sécures (70%) et les personnes de 55 ans et plus (environ 53%) sont significativement plus craintifs que les plus jeunes. Ceci traduit bien une différence de génération et les traces d’un contrôle social plus fort chez les ainé(e)s. La même question aurait obtenu des proportion nettement plus élevée dans le reste de la population.

Dans quelle mesure ce contrôle social est-il réel ou auto-engendré demeure une question intéressante que seule des enquêtes qualitatives pourraient révéler. Néanmoins, le taux d’insécurité des gais et lesbiennes est plutôt élevé si on considère la banalité du geste évoqué dans la question. Qu’aurait-on obtenu avec des gestes plus spécifiques ?

Ceci nous amène à conclure que les gais ainés sont plus insécures que les autres et ont besoin du sentiment de sécurité que leur procure un groupe comme le nôtre.


Les sections précédentes ont présenté un portrait d’ensemble des personnes qui disposent (ou non) d’actifs pour leur retraite. Mais qu’en est-il des variations spatiales de la défavorisation ? Nous avons déjà noté une différence importante selon les régions administratives, mais qu’en est-il à l’échelle des quartiers ?

Dans le domaine de la santé publique, un indicateur de défavorisation matérielle permet d’identifier les personnes qui habitent dans des quartiers moins nantis. Il combine diverses données du recensement de la population (par exemple, proportion de ménages qui consacrent plus de 30% de leurs revenus pour le logement, etc.) avec des indicateurs de la qualité physique des milieux (par exemple, % d’espaces verts dans le voisinage) pour distinguer les quartiers aisés, moyens, et pauvres en 3 ou 5 catégories. Un quartier est dit dévavorisé quand il appartient à la dernière catégorie. On utilise ensuite l’adresse de chaque répondant(e) pour qualifier son milieu de vie.

Environ le tiers des gais et lesbiennes vivent dans des milieux défavorisés où les coûts du logement sont moindres. Il n’y a pas de différence significative reliée à l’âge. Toutefois, les proportions varient marginalement en fonction de l’âge notamment pour les 25-44 ans et les 65 ans et plus qui dépassent le seuil de 33%.

Ceci amène à conclure que, pour être bien ancré au plan sociologique, notre groupe doit tenir compte des revenus de ses membres dans la programmation des activités.


Pour fonctionner notre groupe opère sur la base du bénévolat. Une question de l’enquête SAVIE s’intéresse à cette question et identifie les répondant(e)s qui consacrent au moins une heure par mois à des activités bénévoles. Bien que cette durée soit minimale, la question permet de mesurer l’ouverture à accomplir des actions bénévoles en relation avec l’âge (voir figure).

Bonne nouvelle : la majorité des membres de la communauté LGBTQ acceptent de faire du bénévolat. De plus, les personnes de 55 ans et plus sont significativement plus réceptifs à faire du bénévolat que les jeunes de 18 à 44 ans qui sont probablement plus restreints par leur travail.

Ainsi, environ 75% des gais âgés de 55 ans et plus font au moins une heure de bénévolat par mois. C’est peu, mais on peut espérer que certains sont prêts à une implication plus substantielle. C’est une excellente nouvelle pour les association de gais de 50 ans et plus qui peuvent compter sur un appui communautaire effectif.


Les résultats de l’enquête SAVIE font ressortir plusieurs points qui appuient l’action d’un groupe comme le nôtre qui vise à briser l’isolement des gais ainés.

  • Les ainés gais ont un vécu empreint d’un déficit de soutien social et professionnel qui perdure à un âge avancé et requiert la mise en oeuvre de relations de groupe (famille choisie et réseaux d’amis) pour briser l’isolement.
  • Les ainés considèrent qu’ils sont invisibles et mal desservis par les institutions de la communautée gaie. De plus, ils craignent de devoir retourner dans le placard lorsqu’ils seront forcés d’emménager dans les résidences pour personne âgées, souvent mal adaptées à leur besoins.
  • Les ainés gais vivent un grand sentiment d’insécurité, craignent la malveillance et osent peu s’affirmer en public. La participation avec un groupe d’individus similaires ne peut qu’être bénéfique, surtout pour les moins nantis et ceux qui ont des capacités réduites.
  • Les gais ainés éprouvent plus de difficulté à rencontrer des partenaires romantiques. Bien que notre groupe ne soit pas une agence de rencontre, briser l’isolement peut aussi s’obtenir par une vie de couple enrichissante.
  • Plusieurs gais ainés connaissent des problèmes de santé. L’appartenance à un groupe dont certains individus ont des problématiques similaires est source de réconfort et de respect, tout en suppléant à la froideur occasionnelle des services de santé.
  • Le profil sociologique des gais ainés est très diversifié. Certains sont sortis du placard durant leur jeunesse, d’autres ont eu des enfants dans le cadre de relations amoureuses antérieures à leur acceptation, souvent rendue difficile justement parce qu’ils ont des enfants.
  • La région de la Capitale Nationale possède des caractéristiques semblables au centre de la région métropolitaine de Montréal où des groupes similaires existent depuis plus de 20 ans. À cet effet, la région de Québec est nettement moins bien organisée que la métropole.
  • Le potentiel de fonctionnement basé sur le bénévolat est vraisemblable, bien que le niveau effectif de soutien pour une oeuvre collective comme la nôtre doive encore être mesuré.